La cosmogonie d'Urantia

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81. Développement de la Civilisation Moderne

LA COSMOGONIE D'URANTIA  -  FASCICULE 81. DÉVELOPPEMENT DE LA CIVILISATION MODERNE

INDÉPENDAMMENT des hauts et des bas dans l'avortement des plans conçus pour l'amélioration du monde dans les missions de Caligastia et d'Adam, l'évolution organique fondamentale de l'espèce humaine continua d'entraîner les races en avant sur l'échelle du progrès humain et du développement racial. Il est possible de retarder l'évolution, mais non de l'arrêter.

Les membres de la race violette furent moins nombreux que prévu, mais leur influence depuis l'époque d'Adam a produit dans la civilisation une avance qui dépasse de loin les progrès que l'humanité avait pu accomplir au cours de son existence antérieure de presque un million d'années.

1. -- LE BERCEAU DE LA CIVILISATION

Pendant environ trente cinq mille ans après l'époque d'Adam, le berceau de la civilisation se trouva en Asie du sud-ouest, s'étendant vers l'est et légèrement vers le nord depuis la vallée du Nil à travers l'Arabie du nord et la Mésopotamie jusqu'au Turkestan. Le climat fut le facteur décisif de l'établissement de la civilisation dans cette zone.

Ce furent les grands changements climatiques et géologiques en Afrique du Nord et en Asie occidentale qui mirent fin aux migrations initiales des Adamites en leur fermant le passage vers le nord et l'est en direction du Turkestan. A l'époque où se parachevèrent ces soulèvements de terrains et les changements climatiques correspondants, environ 15.000 ans avant J.C., la civilisation était arrivée dans le monde entier à un point mort, sauf en ce qui concernait les ferments culturels et les réserves biologiques des Andites. Ceux-ci restaient enserrés à l'est par les montagnes d'Asie et à l'ouest par les forêts envahissantes d'Europe.

L'évolution climatique allait maintenant réussir là où tous les autres efforts avaient échoué, c'est-à-dire quelle allait contraindre les Eurasiens à abandonner la chasse en faveur de l'appel plus civilisé de l'élevage et de l'agriculture. L'évolution est peut-être lente, mais elle est terriblement efficace.

Les premiers agriculteurs employèrent très généralement des esclaves, et en conséquence les paysans furent autrefois méprisés par les chasseurs et les éleveurs. Pendant des âges, on considéra la culture du sol comme une occupation subalterne, d'où l'idée que le travail de la terre est une malédiction, alors qu'il est la plus grande de toutes les bénédictions. Même à l'époque de Caïn et d'Abel, les sacrifices de la vie pastorale étaient encore tenus en plus haute estime que les offrandes de l'agriculture.

Les hommes évoluèrent en général de l'état de chasseurs à celui de cultivateurs avec une ère transitoire d'élevage de troupeaux, et ce fut également vrai chez les Andites; mais il arriva plus souvent que la contrainte évolutionnaire des changements climatiques amena des tribus entières à passer directement de l'état de chasseurs à celui de cultivateurs prospères. Toutefois, ce phénomène du passage immédiat de la chasse à l'agriculture ne se produisit que dans les régions où le mélange racial comportait une forte proportion de sang violet.

En observant la germination de graines accidentellement humidifiées ou placées dans les tombeaux comme nourriture pour les trépassés, les peuples évolutionnaires (notamment les Chinois) apprirent de bonne heure à planter des semences et à faire pousser des récoltes. Mais dans toute l'Asie du sud-ouest, le long des alluvions flu viales fertiles et des plaines adjacentes, les Andites mettaient en oeuvre les techniques agricoles améliorées qu'ils avaient héritées de leurs ancêtres, pour qui le fermage et le jardinage avaient été la principale occupation à l'intérieur des limites au second jardin.

Pendant des milliers d'années, les descendants d'Adam avaient cultivé, dans toutes les hautes terres de la bordure supérieure de la Mésopotamie, des variétés de blé et d'orge améliorées dans le Jardin. Les descendants d'Adam et d'Adamson s'y rencontraient, commerçaient, et se fréquentaient socialement.

Ce furent ces changements forcés dans les conditions de vie qui amenèrent une si grande proportion de la race humaine à pratiquer un régime alimentaire omnivore. La combinaison du blé, du riz, et des légumes avec la chair des troupeaux marqua un grand pas en avant dans la santé et la vigueur de ces anciens peuples.

2. -- LES OUTILS DE LA CIVILISATION

La croissance de la culture humaine est fondée sur le développement des outils de la civilisation, et les outils que les hommes employèrent pour sortir de l'état sauvage se révélèrent efficaces dans la mesure exacte où ils libéraient la main-d'oeuvre humaine pour des tâches plus élevées.

Vous qui vivez aujourd'hui dans un cadre de culture florissante et de commencement de progrès dans les affaires sociales, vous qui disposez d'un peu de temps pour réfléchir au sujet de la société et de la civilisation, ne perdez pas de vue le fait que vos ancêtres primitifs n'avaient que très peu de loisirs susceptibles d'être consacrés a des réflexions pensives et à des méditations sociales.

Les quatre premiers grands progrès dans la civilisation humaine furent:
      1. La conquête du feu.
      2. La domestication des animaux.
      3. La mise en esclavage des prisonniers.
      4. La propriété privée.

Le feu, la première grande découverte, finit par ouvrir les portes du monde scientifique, mais sous ce rapport il avait peu de valeur pour les hommes primitifs. Ceux-ci refusaient de reconnaître que les phénomènes ordinaires pouvaient s'expliquer par des causes naturelles.

Quand on leur demanda l'origine du feu dont ils se servaient, ils ne tardèrent pas à substituer à la simple histoire d'Andon et du silex la légende d'un Prométhée et de la manière dont il déroba le feu du ciel. Les anciens cherchaient une explication surnaturelle à tous les phénomènes naturels qui sortaient des limites de leur compréhension personnelle, et bien des modernes continuent à en faire autant. La dépersonnalisation des phénomènes dits naturels a nécessité des âges et n'est pas encore parachevée. Par contre, la recherche honnête, franche, et intrépide des véritables causes a donné naissance à la science moderne: elle a transformé l'astrologie en astronomie, l'alchimie en chimie, et la magie en médecine.

Au cours de l'âge antérieur aux machines, la seule manière dont l'homme pouvait accomplir un travail sans le faire lui-même consistait à utiliser un animal. La domestication des animaux mit entre ses mains des outils vivants, dont l'emploi intelligent prépara la voie à l'agriculture et aux transports. Sans les animaux l'homme n'aurait pas pu s'élever de son état primitif aux niveaux de la civilisation ultérieure.

La plupart des animaux convenant le mieux à la domestication se trouvaient en Asie, spécialement dans les régions du centre et du sud-ouest. Ce fut l'une des raisons pour lesquelles la civilisation y progressa plus rapidement que dans d'autres parties du monde. Beaucoup de ces animaux avaient déjà été domestiqués deux fois; dans l'âge des Andites, ils furent domptés une fois de plus. Mais le chien était toujours resté avec les chasseurs depuis son adoption par les hommes bleus longtemps, très longtemps, auparavant.

Les Andites du Turkestan furent les premiers à domestiquer les chevaux en grand nombre, et c'est une nouvelle raison que leur culture fut si longtemps prédominante. Vers l'an 5.00 avant J.C., les fermiers de Mésopotamie, du Turkestan, et de Chine avaient commencé à élever des moutons, des chèvres, des vaches, des chameaux, des chevaux, des volailles, et des éléphants. Ils employaient comme bêtes de somme le boeuf, le chameau, le cheval, et le yak. Autrefois l'homme était lui-même la bête de somme. Un chef de la race bleue eut jadis une colonie de porte-faix de cent mille hommes.

L'esclavage et la propriété privée de la terre furent institués en même temps qu'apparaissait l'agriculture. L'esclavage éleva le niveau de vie des maîtres et leur procura plus de loisirs pour se cultiver socialement.

Les sauvages sont les esclaves de la nature, mais la civilisation scientifique confère lentement à l'humanité une liberté croissante. Par les animaux, le feu, le vent, l'eau, et l'électricité, les hommes se sont libérés de la nécessité de travailler sans répit; ils continueront dans cette voie en découvrant de nouvelles sources d'énergie. Indépendamment des troubles provisoires engendrés par l'invention prolifique de machines, les bénéfices ultimes que l'homme retirera de ces procédés mécaniques sont inestimables. La civilisation ne peut jamais fleurir, et encore bien moins s'établir, avant que les hommes aient le loisir de penser, de faire des plans, et d'imaginer de nouvelles et meilleures méthodes pour accomplir leur travail.

Au début, l'homme s'appropria simplement son abri. Ensuite il adapta des matériaux naturels, tels que le bois et la pierre, à la création de huttes pour sa famille. Enfin il entra dans le stade créatif d'édification des maisons et apprit à fabriquer des briques et autres matériaux de construction.

Les peuplades des hauts plateaux du Turkestan furent les premières parmi les races relativement modernes à bâtir leurs habitations en bois; leurs maisons ressemblaient assez aux cabanes primitives en rondins des pionniers américains. Dans toutes les plaines, on éleva des demeures humaines en briques crues, et plus tard en briques cuites.

Les anciennes races fluviales bâtissaient leurs huttes en enfonçant de grands poteaux en cercle dans le sol; on réunissait ensuite les sommets des poteaux, ce qui formait une armature pour la hutte; on l'entrelaçait avec des roseaux transversaux, et l'ensemble ainsi créé ressemblait à un immense panier inversé. On pouvait ensuite recouvrir le treillis d'une couche d'argile et, séchage au soleil, on disposait d'une habitation étanche rendant de grands services.

Ce fut à partir de ces huttes primitives que prit naissance indépendamment l'idée ultérieure de tisser toutes sortes de paniers. Dans une tribu, l'idée de faire des poteries naquit en observant l'effet produit quand on barbouillait les cadres de bois avec de l'argile humide. La pratique de durcir les poteries par cuisson fut découverte lors de l'incendie accidentel d'une de ces huttes primitives recouverte d'argile. Les arts de l'antiquité eurent souvent pour origine des circonstances fortuites de la vie quotidienne des peuplades primitives. Du moins, ce fut à peu près entièrement vrai pour les progrès évolutionnaires de l'humanité jusqu'à l'arrivée d'Adam.

La poterie avait d'abord été introduite par l'état-major du Prince il y a environ 500.000 ans, mais la fabrication de récipients d'argile avait pratiquement cessé depuis 150.000 ans. L'art de faire des poteries fut ranimé durant l'époque d'Adam. La propagation de cet art coïncida avec l'extension des déserts d'Afrique, d'Arabie, et d'Asie centrale; il se répandit dans l'hémisphère oriental en partant de Mésopotamie par vagues successives de techniques améliorées.

Les civilisations de l'âge andite ne peuvent pas toujours être retracées par les stades de leurs poteries ou de leurs autres arts. Le cours normal de l'évolution humaine fut prodigieusement compliqué par les deux régimes de Dalamatia et d'Éden. Il arrive souvent que la qualité des vases et outils des époques plus tardives soit inférieure à celle des produits initiaux des peuples andites plus purs.

3. -- VILLES, INDUSTRIES, ET COMMERCE

La destruction climatique des riches savanes de chasse et des pâturages du Turkestan, commencée vers l'an 12.000 avant J.-C., contraignit les hommes de ces régions à recourir a de nouvelles formes rudimentaires d'industrie et de manufacture. Certains s'orientèrent vers l'élevage de troupeaux domestiqués, d'autres devinrent agriculteurs ou recueillirent des aliments qu'ils transportèrent par eau, mais les Andites intelligents de type supérieur choisirent de se lancer dans le commerce et l'industrie. Il devint même habituel que des tribus entières se consacrent au développement d'une seule industrie. De la vallée du Nil au Cush hindou et du Gange au Fleuve Jaune, la principale occupation des tribus supérieures devint la culture du sol, avec le commerce comme activité secondaire.

L'accroissement des échanges et la transformation des matières premières en divers articles commerciaux contribua directement à faire naître les communautés primitives et semi-pacifiques qui eurent tant d'influence pour répandre la culture et les arts de la civilisation. Avant l'ère du grand commerce international, les communautés sociales étaient des tribus -- des groupes familiaux agrandis. Le troc amena des êtres humains de différentes sortes à s'associer, ce qui permit par croisement une hybridation plus rapide de la civilisation.

Il y a environ douze mille ans, l'ère des villes indépendantes était à son aurore. Ces villes primitives commerçantes et manufacturières étaient toujours entourées de zones d'agriculture et d'élevage de bétail. S'il est vrai que l'industrie fut encouragée par l'élévation du niveau de vie, il ne faudrait pas se faire d'idées fausses sur les raffinements de la vie citadine à ses débuts. Les premières races n'étaient ni très propres ni très soigneuses; par la simple accumulation des ordures et des détritus sur le sol, les communautés primitives moyennes s'élevaient de trente à soixante centimètres tous les vingt-cinq ans. Certaines villes antiques s'élevèrent rapidement au-dessus des terres environnantes parce que leurs huttes d'argile non cuite ne duraient pas longtemps et que l'on avait coutume de bâtir de nouvelles demeures directement sur les ruines des anciennes.

L'emploi généralisé des métaux fut une caractéristique des premières villes industrielles et commerciales. Vous avez déjà découvert au Turkestan une culture de l'âge du bronze datant de plus de 9.000 ans avant J.-C., et les Andites apprirent de bonne heure à travailler également le fer, l'or, et le cuivre. Mais à de grandes distances des centres les plus avancés de la civilisation, les conditions étaient très différentes. On n'y retrouve pas de périodes distinctes comme les âges de la Pierre Taillée, du Bronze, et du Fer; tous trois existaient simultanément dans des localités différentes.

L'or fut le premier métal recherché par les hommes; il était facile à travailler et fut d'abord employé comme parure. On se servit ensuite du cuivre, mais assez peu avant le moment où l'on sut le mélanger à l'étain pour faire du bronze plus dur. La découverte du mélange cuivre-étain fut faite par un Adamsonite au Turkestan dont la mine se trouvait située dans les hautes terres au voisinage d'un dépôt d'étain.

Avec l'apparition d'ateliers rudimentaires et d'une industrie à ses débuts, le commerce devint rapidement le truchement le plus puissant pour répandre la civilisation culturelle. L'ouverture des routes commerciales terrestres et maritimes facilita les voyages et les mélanges de cultures ainsi que la fusion des civilisations. Vers l'an 5.000 avant J.-C., le cheval était d'emploi général dans tous les pays civilisés et semi-civilisés. Les races assez récentes possédaient non seulement des chevaux domestiqués mais encore des charrettes et des chariots. La roue était utilisée depuis des âges, mais alors des véhicules munis de roues furent universellement employés tant pour le commerce que pour la guerre.

Les commerçants voyageurs et les explorateurs nomades firent plus progresser la civilisation historique que toutes les autres influences conjuguées. Les conquêtes militaires, la colonisation, et les entreprises missionnaires entretenues par les religions plus récentes furent aussi des facteurs de diffusion de la culture, mais ils furent tous secondaires par rapport aux relations commerciales, constamment accélérées par les arts et les sciences de l'industrie qui se développaient rapidement.

Non seulement l'infusion de sang adamite dans les races humaines accéléra leur civilisation, mais aussi elle stimula grandement leur penchant à l'aventure et à l'exploration de sorte que la majeure partie de l'Eurasie et de l'Afrique du Nord fut bientôt occupée par les descendants mixtes des Andites qui se multipliaient rapidement.

4. -- LES RACES MÊLÉES

À l'aurore des temps historiques, toute l'Eurasie, l'Afrique du Nord, et les Îles du Pacifique étaient peuplées par les races composites de l'humanité, et ces races modernes proviennent du mélange et du brassage des cinq souches humaines fondamentales d'Urantia.

Chacune des races d'Urantia était identifiée par certaines caractéristiques physiques distinctes. Les Adamsonites et les Nodites étaient dolichocéphales; les Andonites étaient brachycéphales. Les races Sangik avaient des têtes moyennes, avec tendance de leurs branches jaune et bleue à être brachycéphales. Les races bleues, après mélange avec des souches andonites, étaient nettement brachycéphales. Les têtes des Sangiks secondaires étaient moyennes ou allongées.

Bien que ces dimensions crâniennes rendent service pour déchiffrer les origines raciales, il est plus sûr de se fier à l'ensemble du squelette. Dans le développement initial des races d'Urantia, il y eut à l'origine cinq types distincts de structures osseuses qui furent ceux:
      1. Des Andonites, les premiers habitants d'Urantia.
      2. Des Sangiks primaires, rouges, jaunes, et bleus.
      3. Des Sangiks secondaires, orangés, verts, et indigo.
      4. Des Nodites, descendant des Dalamatiens.
      5. Des Adamites, la race violette.

Au cours de ces grands brassages de groupes raciaux, les mélanges continuels tendirent à atténuer le type andonite par une prédominance d'hérédité Sangik. Les Lapons et les Esquimaux sont des métis d'Andonites et de Sangiks de race bleue. La structure de leur squelette est celle qui conserve le mieux le type andonique originel. Mais les Adamites et les Nodites se sont tellement mêlés aux autres races qu'ils ne peuvent être détectés que sous un aspect d'ensemble dit Caucasoïde.

Quand les restes humains des vingt derniers millénaires seront déterrés, il sera donc généralement impossible de distinguer clairement les cinq types originels. L'étude des structures osseuses révélera que l'humanité est actuellement divisée à peu près en trois classes:

   1. Les Caucasoïdes -- le mélange andite des souches adamites et andites, modifié ensuite par un apport de Sangiks primaires et d'un peu de secondaire, et par des croisements considérables avec les Andonites. Les races blanches occidentales, ainsi que certains peuples hindous et touraniens sont compris dans ce groupe. Le facteur unifiant de cette division est la plus ou moins grande proportion d'hérédité andite.

   2. Les Mongoloïdes -- les Sangiks du type primaire comprenant les races originelles rouge, jaune, et bleue. Les Chinois et les Amérindiens appartiennent à ce groupe. En Europe, le type mongoloïde a été modifié par un mélange de Sangiks secondaires et d'Andonites, et plus encore par un apport d'Andites. Les Malais et autres peuples indonésiens sont inclus dans cette classification, bien que leur sang contienne un pourcentage élevé d'hérédité sangik secondaire.

   3. Les Négroïdes -- les Sangiks du type secondaire, qui incluaient à l'origine les races orangée, verte, et indigo. C'est le Nègre qui fournit le meilleur exemple de ce type, que l'on retrouve en Afrique, aux Inde, et en Indonésie, dans tous les lieux où les races sangik secondaires s'étaient installées.

En Chine du Nord, il existe un certain mélange des types caucasoïde et mongoloïde. Dans le Moyen-Orient, les Caucasoïdes et les Négroïdes se sont mêlés; aux Indes ainsi qu'en Amérique du Sud, les trois types sont représentés. Les caractéristiques du squelette des trois types survivants subsistent encore et aident à identifier les récents ancêtres des races humaines actuelles.

5. -- LA SOCIÉTÉ CULTURELLE

L'évolution biologique et la civilisation culturelle ne sont pas nécessairement liées au cours d'un âge quelconque, l'évolution organique poursuit son cours sans obstacle, même au milieu d'une décadence culturelle. Mais quand on passe en revue de longues périodes de l'histoire humaine, on constate finalement que l'évolution et la culture ont un lien de cause à effet. L'évolution peut progresser en l'absence de culture, mais la civilisation culturelle ne fleurit pas sans un arrière-plan approprié de progrès racial antérieur. Adam et Ève n'introduisirent aucun art civilisé étranger au progrès de la société humaine, mais le sang adamique accrut les aptitudes inhérentes aux races et accéléra le développement économique et le progrès industriel. L'effusion d'Adam améliora le pouvoir cérébral des races, ce qui hâta considérablement les processus d'évolution naturelle.

Par l'agriculture, la domestication des animaux, et une meilleure architecture, l'humanité échappa graduellement aux pires phases de la lutte incessante pour la vie et commença à rechercher le moyen d'adoucir le processus vital; ce fut le début de ses efforts pour parvenir à un niveau de plus en plus élevé de confort matériel. Par les produits de l'industrie, les hommes augmentent graduellement la somme des plaisirs de la vie humaine.

Cependant, la société culturelle n'est pas un grand club bienfaisant de privilèges hérités dans lequel tous les hommes sont nés membres libres et entièrement égaux. Elle est plutôt une haute corporation, toujours en progrès, d'artisans terrestres, n'admettant dans ses rangs que les plus nobles des travailleurs qui s'efforcent de faire du monde un cadre meilleur dans lequel leurs enfants et les enfants de leurs enfants pourront vivre et progresser au cours des âges à venir. Et cette corporation de la civilisation exige des droits d'admission coûteux, impose des disciplines strictes et rigoureuses, inflige de lourdes amendes à tous les dissidents et non conformistes, tandis quelle confère peu de licences ou de privilèges personnels en dehors d'une sécurité accrue contre les dangers communs et les périls raciaux.

L'association sociale est une forme d'assurance pour la survie, et les hommes ont appris qu'elle était profitable; c'est pourquoi la plupart des individus sont disposés à payer les primes de sacrifice de soi et de restrictions des libertés personnelles que la société extorque à ses membres comme rançon de cette protection collective accrue. Bref, le mécanisme social d'aujourd'hui est un plan d'assurance par tâtonnements destiné à fournir un certain degré de protection contre un retour aux terribles conditions antisociales caractéristiques des premières expériences de la race humaine.

La société devient ainsi un arrangement coopératif pour obtenir la libération civile par des institutions, la libération économique par le capital et les inventions, la libération social par la culture, et la protection contre les violences par des règlements de police.

La force ne crée pas le droit, mais elle fait respecter les droits communément reconnus de chaque génération successive. La mission majeure du gouvernement consiste à définir le droit, la réglementation juste et équitable des différences de classes, et l'obligation d'une égalité de chances devant la loi. Chaque droit humain est associé à un devoir social; un privilège de groupe est un mécanisme d'assurance qui exige infailliblement le paiement total des primes astreignantes de service au groupe. Et les droits collectifs, aussi bien que ceux des individus, doivent être protégés, y compris la réglementation des penchants sexuels.

La liberté soumise à des règles collectives est le but légitime de l'évolution sociale. La liberté sans restrictions est le rêve chimérique et vain de penseurs humains instables et superficiels.

6. -- L'ENTRETIEN DE LA CIVILISATION

Alors que l'évolution biologique a constamment progressé vers le mieux, une grande partie de l'évolution culturelle est sortie de la vallée de l'Euphrate en vagues successives qui s'affaiblirent avec le temps, jusqu'à ce que finalement la totalité des descendants de pur sang adamique fût partie enrichir les civilisations d'Asie et d'Europe. Les races ne s'amalgamèrent pas complètement, mais leurs civilisations se mêlèrent dans une large mesure. La culture se répandit lentement dans le monde. Il faut que cette civilisation soit maintenue et encouragée, car il n'existe plus aujourd'hui de nouvelles sources de culture, plus d'Andites pour renforcer et stimuler le lent progrès évolutif de la culture.

La civilisation qui évolue maintenant sur Urantia est fondée sur les facteurs suivants dont elle est issue:

   1. Les circonstances naturelles. La nature et l'étendue d'une civilisation matérielle sont déterminées dans une large mesure par les ressources naturelles disponibles. Le climat, le temps, et de nombreuses conditions physiques sont des facteurs dans l'évolution de la culture.

Au début de l'ère andite, il n'y avait dans le monde entier que deux zones étendues et fertiles constituant des territoires de chasse ouverts. L'une se trouvait en Amérique du Nord et fut envahie par les Amérindiens; l'autre se trouvait au nord du Turkestan et fut occupée par une race andonique-jaune. Les facteurs essentiels de l'évolution d'une culture supérieure dans le sud-ouest de l'Asie furent la race et le climat. Les Andites étaient un grand peuple, mais le facteur décisif qui détermina le cours de leur civilisation fut l'aridité croissante de l'Iran, du Turkestan, et du Sinkiang, qui les força à inventer et à adopter des méthodes nouvelles et avancées pour arracher des moyens d'existence à leurs terres de moins en moins fertiles.

La configuration des continents et les autres dispositifs géographiques exercent une grande influence pour déterminer la paix ou la guerre. Très peu d'Urantiens ont pu bénéficier d'une occasion aussi favorable pour se développer avec continuité, et sans être molestés, que celle dont ont joui les peuples de l'Amérique du Nord -- protégés pratiquement de tous côtés par de vastes océans.

   2. Les biens d'équipement. La culture ne se développe, jamais sous le règne de la misère; les loisirs sont essentiels au progrès de la civilisation. Les individus peuvent acquérir sans fortune matérielle un caractère ayant une valeur morale et spirituelle, mais une civilisation culturelle ne peut vivre que dans des conditions de prospérité matricée qui encouragent les loisirs conjugués avec l'ambition.

Durant les temps primitifs, la vie sur Urantia était une affaire sérieuse et grave. Ce fut pour échapper à cette lutte incessante et à ce labeur interminable que l'humanité tendit constamment à se laisser porter vers les climats salubres des tropiques. Ces zones plus chaudes d'habitation adoucirent sans doute quelque peu la lutte acharnée pour l'existence, mais les races et les tribus qui recherchèrent ainsi la facilité utilisèrent rarement leurs loisirs non gagnés pour faire avancer la civilisation. Les progrès sociaux sont invariablement venus des idées et des projets des races qui, par leurs efforts intelligents, ont appris à tirer de leur pays des moyens d'existence avec moins d'efforts et avec des journées de travail raccourcies, ce qui leur permettait de disposer d'une marge profitable de loisirs bien mérités.

   3. Les connaissances scientifiques. Les aspects matériels de la civilisation doivent toujours attendre l'accumulation des données scientifiques. Après la découverte de l'arc et de la flèche, et l'utilisation des animaux comme force motrice, il se passa longtemps avant que les hommes apprennent à mettre en valeur la puissance du vent et des chutes d'eau, suivie de l'emploi de la vapeur et de l'électricité. Cependant les outils de la civilisation s'améliorèrent lentement. Le tissage, la céramique, la domestication des animaux, et le travail des métaux furent suivis par un âge d'écriture et d'imprimerie.

La connaissance équivaut au pouvoir. Les inventions précèdent toujours l'accélération du développement culturel à l'échelle mondiale. La science et les inventions furent les plus grandes bénéficiaires de la presse a imprimer, et l'interaction de toutes les activités culturelles et inventives a considérablement accéléré le rythme de la civilisation.

La science enseigne aux hommes parler le nouveau langage des mathématiques et leur apprend à penser selon des lignes d'une exigeante précision. La science stabilise aussi la philosophie en éliminant les erreurs, et purifie en même temps la religion en détruisant les superstitions.

   4. Les ressources humaines. La main-d'oeuvre est indispensable pour répandre la civilisation. À conditions égales par ailleurs, un peuple nombreux dominera la civilisation d'une race plus réduite. En conséquence, une nation qui ne réussit pas à accroître le nombre de ses citoyens jusqu'à un certain chiffre se trouve empêchée de réaliser pleinement sa destinée, mais au delà d'un point donné, tout accroissement supplémentaire de la densité de la population devient un suicide. La multiplication des habitants au delà de la proportion normale des hommes par rapport aux terrains disponibles conduit soit à abaisser le niveau de vie, soit à étendre immédiatement les frontières terrestres par pénétration pacifique ou par conquête militaire -- à l'occupation par la force.

Bien que vous soyez parfois révoltés par les ravages de la guerre, vous devriez reconnaître la nécessité de faire naître un grand nombre de mortels pour fournir d'amples occasions au développement social et moral; mais avec cette fécondité planétaire surgit bientôt le grave problème de la surpopulation. La plupart des mondes habités sont petits. Urantia est dans la moyenne, peut-être un peu en dessous. La stabilisation de la population nationale au niveau optimum rehausse la culture et empêche la guerre. Une nation est sage quand elle connaît le moment de s'arrêter de croître.

Le continent le plus riche en dépôts naturels et le plus avancé en équipements mécaniques fera peu de progrès si l'intelligence de son peuple est sur son déclin. On peut obtenir la connaissance par l'éducation, mais la sagesse, qui est indispensable à la vraie culture, s'acquiert seulement grâce à l'expérience et par des hommes et des femmes nés intelligents. Des gens de cet ordre sont capables d'apprendre par la pratique et de devenir véritablement sages.

   5. L'efficacité des ressources matérielles. Bien des événements dépendent de la sagesse déployée dans l'utilisation des ressources naturelles, des connaissances scientifiques, des biens d'équipement, et des potentiels humains. Le facteur principal de la civilisation primitive fut la force exercée par de sages chefs sociaux. Les hommes primitifs se virent littéralement imposer la civilisation par leurs contemporains qualifiés. Le monde a été largement régi par des minorités supérieures et bien organisées..

La puissance ne crée pas le droit, mais elle crée ce qui existe et ce qui a historiquement existé. Urantia vient seulement d'atteindre le point où la société est disposé mettre en discussion la philosophie morale de la puissance et du droit.

   6. L'efficacité du langage. La civilisation a dû attendre le langage pour se répandre. Des langues qui vivent et qui s'enrichissent assurent l'expansion de la pensée et des projets civilisés. Durant les âges primitifs, d'importants progrès furent apportés au langage. Aujourd'hui, il y a grand besoin d'une terminologie nouvelle et plus ample pour faciliter l'expression de la pensée en évolution.

Le langage prit naissance dans des associations de groupes, chaque groupe local établissant son propre système d'échange de paroles. Le langage se développa par des gestes, des signes, des cris, des sons imitatifs, des intonations, et des accents, et parvint plus tard à la vocalisation d'alphabets. Le langage est le plus grand et le plus utile des instruments de la pensée humaine, mais il ne fleurit jamais avant que des groupes sociaux acquièrent certains loisirs. La tendance à jouer avec le langage crée de nouveaux mots -- l'argot. Si la majorité adopte l'argot, l'usage en fait le langage. Un exemple de l'origine des dialectes est l'habitude de « parler bébé » dans un groupe familial.

Les différences de langage ont toujours été le grand obstacle à l'extension a la paix. Il faut triompher des dialectes avant de pouvoir répandre une culture dans une race, sur un continent, ou dans un monde entier. Un langage universel encourage la paix, assure la culture, et accroît le bonheur. Il suffit même que les idiomes d'un monde soient réduits à un petit nombre pour que leur maîtrise par les peuples cultivés dirigeants influence puissamment la réalisation de la paix et de la prospérité mondiales.

Urantia a fait très peu de progrès dans le développement d'un langage international, mais l'établissement des échanges commerciaux internationaux a beaucoup apporté. Toutes les relations internationales devraient être encouragées, qu'il s'agisse de langages, de commerce, d'art, de science, de jeux de compétition, ou de religion.

   7. L'efficacité des dispositifs mécaniques. Le progrès de la civilisation est directement lié au développement et à la possession d'outils, de machines, et de canaux de distribution. Des outils améliorés, des machines ingénieuses et efficaces, déterminent la survie des groupes en lutte dans le cadre de la civilisation qui progresse.

Dans les temps primitifs, la seule énergie employée pour la culture du sol était la main-d'oeuvre humaine. Il fallut une longue bataille pour substituer les boeufs aux hommes, car cela réduisait des hommes au chômage. Plus récemment, les machines ont commencé à remplacer les hommes, et toute avance dans ce domaine contribue directement au progrès de la société parce qu'elle libère de la main-d'oeuvre pour des tâches plus nobles.

La science, guidée par la sagesse, peut devenir la grande libératrice des hommes. Un âge de machinisme ne peut tourner au désastre que pour une nation dont le niveau intellectuel est trop faible pour découvrir les méthodes sages et les techniques saines lui permettant de s'adapter avec succès aux difficultés de transition. En effet, pour un grand nombre d'hommes, le progrès mécanique peut provoquer la perte soudaine de leur emploi à la suite de l'invention trop rapide de machines économisant la main-d'oeuvre.

   8. Le caractère des porte-flambeau. L'héritage social permet aux hommes de faire la courte échelle en s'appuyant sur tous ceux qui les ont précédés et qui ont contribué si peu que ce soit à la somme de culture et de connaissances. Dans l'oeuvre de transmission du flambeau culturel à la génération suivante, le foyer restera toujours l'institution fondamentale. Les jeux et la vie sociale viennent ensuite, avec l'école en dernier lieu, mais également indispensable dans une société complexe et hautement organisée.

Les insectes naissent pleinement éduqués et équipés pour la vie -- une existence en vérité très étriquée et purement instinctive. Le bébé humain naît sans éducation; les hommes possèdent donc, en contrôlant l'entraînement éducatif des jeunes générations, le pouvoir de modifier considérablement le cours évolutionnaire de la civilisation.

Au XXième siècle, les plus grandes influences qui contribuent à faire avancer la civilisation et progresser la culture sont l'accroissement marqué des voyages dans le monde et les améliorations inouïes dans les moyens de communication. Mais les progrès de l'éducation n'ont pas marché de pair avec l'expansion de la structure sociale; l'appréciation moderne de l'éthique ne s'est pas non plus développée en proportion de la croissance dans les domaines plus purement intellectuels et scientifiques. En outre, la civilisation se trouve a un point mort dans son développement spirituel et dans la sauvegarde de l'institution du foyer.

   9. Les idéaux raciaux. Les idéaux d'une génération creusent les chemins de la destinée pour sa postérité immédiate. La qualité des porte-flambeau sociaux déterminera l'avancement ou le recul de la civilisation. Les foyers, les Eglises, et les écoles dune génération prédéterminent la tendance de caractère de la suivante. La force vive morale et spirituelle d'une race détermine la rapidité du développement culturel de sa civilisation.

Les idéaux élèvent la source du courant social. Nul courant ne peut remonter plus haut que sa source, quels que soient la technique de pression ou le contrôle de direction employés. La force propulsive des aspects, même les plus matériels, d'une civilisation culturelle réside dans les accomplissements les plus spirituels de la société. L'intelligence peut contrôler le mécanisme de la civilisation, la sagesse peut le diriger, mais l'idéalisme spirituel est l'énergie qui élève réellement la culture humaine et la fait progresser d'un niveau d'accomplissement au suivant.

Au début, la vie était une lutte pour l'existence; aujourd'hui c'est une bataille pour le niveau de vie; demain ce sera une compétition pour la qualité de pensée, prochain but terrestre de l'existence humaine.

   10. La coordination des spécialistes. La division du travail effectuée de bonne heure et son corollaire ultérieur de spécialisation ont prodigieusement fait avancer la civilisation; celle-ci dépend maintenant de la coopération efficace des spécialistes. Au fur et à mesure de l'expansion de la société, il faudra trouver une méthode pour regrouper les divers spécialistes.

Les spécialistes des affaires sociales, de l'art, de la littérature, de la technique, et de l'industrie continueront à se multiplier et à accroître leur habileté et leur dextérité. Cette spécialisation d'aptitudes et cette dissemblance d'emplois finiront par affaiblir et par désintégrer la société humaine si des moyens efficaces de coordination et de coopération ne sont pas mis en oeuvre. Des intelligences capables d'une telle fécondité d'invention et d'une telle spécialisation devraient être entièrement compétentes pour imaginer des méthodes appropriées de contrôle et d'adaptation permettant de résoudre tous les problèmes issus du développement rapide des inventions et de l'accélération de l'expansion culturelle.

   11. Les procédés pour trouver des emplois. Le prochain âge de développement social sera concrétisé par une meilleure coopération et une coordination plus efficace des spécialisations en accroissement et en expansion continus. A mesure que le travail se diversifie davantage, il faut imaginer une technique pour orienter les individus vers des emplois appropriés. Le machinisme n'est pas la seule cause de chômage chez les peuples d'Urantia. La complexité économique et l'accroissement régulier des spécialités industrielles et processionnelles compliquent les problèmes de placement de la main-d'oeuvre.

Il ne suffit pas d'apprendre aux hommes à travailler; une société complexe doit aussi fournir des méthodes efficaces pour leur trouver un emploi. Avant d'apprendre aux citoyens des techniques hautement spécialisés pour gagner leur vie, il faudrait leur enseigner une ou plusieurs méthodes pour subsister par des travaux communs, des commerces, ou des occupations qu'ils pourraient pratiquer pendant un chômage temporaire dans leur travail spécialisé. Nulle civilisation ne peut survivre au maintien prolongé de grandes classes de chômeurs. Avec le temps, l'acceptation du soutien par le Trésor public déforme la mentalité des citoyens, même des meilleurs, et les démoralise. La charité privée elle-même devient pernicieuse si elle entretient longtemps des citoyens valides.

Une société très spécialisée ne s'adonnera pas volontiers aux anciennes pratiques communautaires et féodales des peules de l'antiquité. Il est vrai que beaucoup de services communs peuvent être utilement et profitablement socialisés, mais la meilleure manière de gouverner des êtres humains hautement entraînés et ultra spécialisés est une technique de coopération intelligente. Une coordination modernisée et une réglementation fraternelle aboutiront à une coopération plus durable que les anciennes et primitives méthodes communautaires ou les institutions réglementaires dictatoriales basées sur la force.

   12. Le consentement à coopérer. L'un des plus grands obstacles au progrès de la société humaine est le conflit entre les intérêts et le bien-être des collectivités humaines les plus nombreuses et les plus socialisées d'une part, et les groupements moins nombreux d'opposants insociables d'autre part, sans compter les individus isolés à mentalité anti-sociale.

Nulle civilisation nationale ne dure longtemps à moins que ses méthodes éducatives et ses idéaux religieux n'inspirent un patriotisme intelligent et un dévouement national de type élevé. Sans cette espèce de patriotisme intelligent et de solidarité culturelle, toutes les nations tendent à se désagréger par suite des jalousies régionales et des égoïsmes locaux.

Pour maintenir une civilisation mondiale, il faut que les êtres humains apprennent à vivre ensemble dans la paix et la fraternité. Sans coordination efficace, la civilisation industrielle est mise en péril par les dangers de l'ultra-spécialisation: monotonie, étroitesse, et tendance à engendrer la méfiance et la jalousie.

   13. Le commandement efficace et sage. La civilisation dépend dans une grande, une très grande mesure, de l'état d'esprit consistant à s'atteler à la besogne avec enthousiasme et efficacité. Dix hommes n'en valent pas beaucoup plus qu'un pour soulever un lourd fardeau, à moins qu'ils ne le soulèvent ensemble -- tous en même temps. Ce travail d'équipe -- la coopération sociale -- dépend de la qualité des chefs. Les civilisations culturelles du passé et du présent ont été basées sur la coopération intelligente des citoyens avec des chefs sages et progressifs. Jusqu'à ce que les hommes aient atteint par évolution des niveaux plus élevés, la civilisation continuera à dépendre d'un commandement sage et vigoureux.

Les hautes civilisations naissent dune liaison sagace entre la richesse matérielle, la grandeur intellectuelle, la valeur morale, l'habileté sociale, et la clairvoyance cosmique.

   14. Les changements sociaux. La société n'est pas une institution divine; elle est un phénomène d'évolution progressive; une civilisation qui progresse est toujours retardée quand ses chefs sont lents à effectuer dans l'organisation sociale les changements essentiels pour marcher de pair avec les développements scientifiques de l'âge. Cela dit, if ne faut pas mépriser certaines choses simplement parce qu'elles sont vieilles, ni embrasser sans réserves une idée simplement parce quelle est originale et neuve.

Les hommes ne devraient pas avoir peur d'expérimenter avec les mécanismes de la société, mais les aventures d'adaptation culturelle devraient toujours être contrôlées par ceux qui sont pleinement au courant de l'histoire de l'évolution sociale; il faudrait toujours que les innovateurs soient conseillés par la sagesse de ceux qui ont l'expérience pratiqué dans les domaines des tentatives sociales ou économiques envisagées. Nul grand changement social ou économique ne devrait être essayé soudainement. Le temps est essentiel à tous les types d'adaptations humaines -- physiques, sociaux, ou économiques. Seuls les ajustements moraux et spirituels peuvent être effectués sous l'impulsion du moment, et même pour ceux-là il faut du temps pour mettre pleinement en oeuvre leurs répercussions matérielles et sociales. Ce sont les idéaux de la race qui servent principalement d'appui et de soutien pendant les périodes critiques où une civilisation se trouve en transition entre deux niveaux consécutifs.

   15. Les mesures préventives contre les brusques déclins temporaires. La société est issue de nombreux âges de tâtonnements; elle représente ce qui a survécu aux ajustements et réajustements sélectifs dans les stades successifs de l'ascension millénaire des hommes depuis les niveaux animaux jusqu'aux niveaux humains de statut planétaire. Le grand danger pour une civilisation -- à n'importe quel moment -- est la menace de déclin pendant la transition entre les méthodes établies du passé et les procédés nouveaux et meilleurs, mais non éprouvés, de l'avenir.

Il faut de bons chefs pour progresser. La sagesse, la perspicacité et la prévoyance sont indispensables aux nations pour durer. La civilisation n'est jamais réellement en péril tant que les chefs capables ne commencent pas à disparaître. Le nombre des chefs sages n'a jamais dépassé un pour cent de la population.

Par ces degrés de l'échelle évolutionnaire, la civilisation s'est élevée au niveau où pouvaient être mises en oeuvre les puissantes influences qui ont culminé dans la culture en expansion rapide au XXe siècle. C'est seulement en adhérant à ces principes essentiels que les hommes peuvent espérer maintenir leurs civilisations actuelles, tout en assurant leur développement continu et leur survie certaine.

Telle est l'essence de la longue, longue lutte des peuples d'Urantia pour établir la civilisation depuis l'époque d'Adam. La culture d'aujourd'hui est le résultat de cette évolution opiniâtre. Avant la découverte de l'imprimerie, les progrès étaient relativement lents, parce que les hommes d'une génération ne pouvaient bénéficier aussi rapidement des accomplissements de leurs prédécesseurs. Mais en ce moment, la société humaine fonce en avant avec la puissance de la force vive accumulée de tous les âges au cours desquels la civilisation a livré bataille.

 

[Présenté par un Archange de Nébadon.]

 

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